RICEPAPER

 

Ricepaper est une marque de prêt à porter pour femme basé à Melbourne, présentant les créations délicieusement simples d’Eve Walton-Heale. Au sein d’un marché visiblement envahi par les articles tendance de seconde zone, qui bien souvent ne dureront pas plus d’une saison, il est aussi facile de dénicher des standards indémodables que de découvrir une garde-robe en or.
Respectant une palette aux couleurs simples et brutes, accompagnant de séduisantes coupes féminines, Eve est parvenu à créer une ravissante collection de pièces variées et adaptables.
Nous avons discuté avec elle de mode éthique, de son inspiration par le voyage et des débuts de son label.


Parles-nous de ton parcours. Comment es-tu entrée dans la mode ?
Le domaine de la mode m’a toujours beaucoup intéressée. Cet intérêt s’est en quelque sorte développé avec le temps, mais il s’est intensifié durant mes années lycée, et ce jusqu’à l’université où j’ai choisi de l’étudier. À partir de là, j’ai eu la chance de pouvoir travailler quatre ans dans cette industrie, en endossant différents rôles, pour enfin décider de créer ma propre entreprise.

Dis-nous comment est née Ricepaper.
Ricepaper a été pensé et mis au monde en tant que symbole de transparence. Simple dans sa forme, c’est un ingrédient de base vers la création de quelque chose de nouveau. La texture transparente du “Rice paper” - papier de riz - résonnait elle-aussi avec mes designs, simples, naturels et organiques dans leur constitution: depuis leur lancement, les idées n’ont cessé d’abonder et je suis heureuse de voir la direction que nous prenons.
Forme, fonction et valorisation de la beauté naturelle sont des concepts en lesquels j’ai toujours cru; ils ont donc servi de base au développement de Ricepaper, alliés à l’idée d’un label transparent.

Qu’est-ce qui fait que Melbourne est unique dans l’industrie de la mode à ton avis ? 
Je pense que la particularité de Melbourne tient dans la diversité qu’elle apporte au milieu de la mode. Il y a tellement de différentes options parmis les marques locales, qui incorporent un mix de concepts créatifs, durables, avec leur propre personnalité - ces marques se basent sur des concepts similaires mais apportent toutes une touche personnelle à leurs collections.  

 
 

Vers qui et quoi te tournes-tu pour trouver de l’inspiration, et pourquoi ? 
Mes inspirations viennent de toutes parts. Je pense que la principale reste le fait de voyager. J’ai eu assez de chance pour pouvoir visiter la plus grande partie de l’Asie et je dirais que tout ce qui touche à la simplicité et  à l’aspect efficace de la marque est inspiré du Japon - Je suis obsédée par leur culture et mode de vie.
Mais je suis aussi inspirée par la simplicité d’un trait design, les matériaux légers et fluides, les couleurs sobres; je crois que si une tenue a ces qualités de base, alors elle est naturellement stylisée.

Quel est le sens que tu donnes au terme “slow fashion” (mode lente) et comment est-ce que tu prends part à ce mouvement ?
À mon sens, le slow fashion renvoie aux items qui sont achetés pour durer toute une vie, il y a une décision consciente derrière l’achat et la façon qu’on a de consommer.
Malheureusement c’est un concept qui est très dur à intégrer dans notre industrie. Les chaînes de consommations ont de plus en plus d’influence, non seulement sur notre planète mais également sur leurs travailleuses qui vivent souvent en dessous d’un salaire décent. Notre industrie est responsable de 10% des émissions de carbone et donc le deuxième pollueur de toute la planète - la mode telle qu’elle est pratiquée à ce jour nous laisse entrevoir un scénario assez lugubre pour notre futur et celui de notre planète.
Une de mes plus grosses peurs à ce sujet concerne le fait que les marques les plus importantes n’éduquent pas les consommateurs sur le danger qu’il y a à acheter les pièces les moins chères possibles. Elles n’offrent pas de transparence sur la fabrication, la qualité ou les pertes, mais choisissent plutôt de produire des vêtements à la mode que l’acheteur ne pourra probablement pas porter plus d’une ou deux fois.
Le label Ricepaper est l’une des nombreuses entreprises qui tentent de reporter l’attention du client sur le commerce durable et de qualité. Nous offrons un choix tout en essayant d’éduquer le consommateur sur la réalité des modes éphémères, “fast-fashion”, et de l’encourager à acheter peut être de façon plus consciente.

 
 
 
 

C’est génial que tes vêtements soient produits en Indonésie de manière éthique. Comment as-tu fais pour te fournir et trouver une méthode éthique pour faire fabriquer tes vêtements ?
C’est toujours extrêmement difficile de trouver des fournisseurs dans notre industrie et malheureusement il y a peu d’information quant aux moyens de contracter un fabricant. J’ai bien dû mettre près de six mois à trouver une alternative pour Ricepaper. J’ai eu la chance d’avoir été mise en contact avec quelques usines en Indonésie au travers d’un de mes amis de Melbourne; une des raisons pour lesquelles j’ai finalement décidé de créer mon entreprise est le fait d’avoir trouvé une option de commerce équitable et de savoir qu’en m’engageant auprès du label je m’engageais aussi auprès d’une communauté de femmes en Indonésie en les aidant à trouver de l’emploi - et en leur permettant de profiter d’un environnement de travail sécurisant.

Quand est-ce que tu te sens la plus créative ?
Je ne suis jamais plus créative que quand j’ai l’esprit dégagé; si mon cerveau est embrouillé, je n’arrive généralement pas à venir à bout des choses qui requièrent de la création.
C’est toujours bien d’avoir un peu de temps dans sa manche pour s’immerger complètement dans sa bulle créative et matérialiser les idées qui se sont formées dans un coin de son cerveau pendant des semaines - c’est toujours ce qu’il m’arrive, j’ai une super idée et je dois la stocker dans mon esprit et puis la développer pendant parfois des semaines avant de finalement m’assoir pour la mettre sur papier. Mais dès que je commence je ne peux plus m’arrêter !

Quelle est ta tenue/style de prédilection, ton uniforme dans la vie de tous les jours ?
J’ai toujours opté pour un style plutôt simple, avec une pointe d’élégance - mais dans l’ensemble, tout ce dans quoi je me sentirais bien pour la journée. C’est là toute la liberté et le plaisir de la mode, on ne devrait jamais se sentir obligé de porter quelque chose. Ma routine matinale consiste généralement à élaborer mon humeur/corps du jour et sélectionner une tenue à partir de là.